Sheitan

Publié le par Peyo


Réalisé par Kim Chapiron
Avec Vincent Cassel, Roxane Mesquida, Olivier Barthelemy, Nico Le Phat Tan...
Sortie en salles le 1er Fevrier
> bande-annonce <


A l'heure où trois générations de français se ruent dans les salles pour retrouver des Bronzés cinquantenaires , un collectif artisitique dénommé Kourtrajmé déboule lui aussi dans les salles françaises avec Sheitan. Bien aidé par Vincent Cassel qui produit et interprète le rôle principal du film, réalisé par le jeune Kim Chapiron sur un scénario de son père (Christian Chapiron), Sheitan est véritablement un film de groupe.
Mais qu'est-ce que Sheitan ? Un film d'horreur ? Une comédie noire ? Difficile de le définir tant le film touche à tout et fait référence à de nombreuses choses. Un film black, blanc, beur et jaune, la banlieue qui va à la campagne non pas pour faire les Gaous ou du camping, mais pour terminer un week-end commencé dans une boite de nuit parisienne. C'est Eve (R. Mesquida) qui joue l'entremetteuse et bientôt l'hôte de maison. Là-bas, le groupe va faire la connaissance de gens bizarre et notamment de Joseph (V. Cassel), un étrange berger. Sheitan voulant dire diable en arabe, je vous laisse imaginer la suite... Reste que ce film s'il n'est pas mauvais en soi, manque de cohérence et d'unité. On peut même dire qu'il a les défauts de ses qualités : fougueux, dynamique et désordonné. A trop vouloir en dire, à trop vouloir montrer, Sheitan se noie dans la nasse. Est-ce volontaire ? Ca reste à voir... Une chose est sûre, on ne s'amourache pas des quatre jeunes sauf si vous êtes comme eux : un peu racaille, plein de foutre et d'hormones, wesh ya de la chienasse ce soir ! Je ne fais que citer ce que j'ai entendu et vu. Les auteurs grossissent-ils le trait ? Sûrement, mais ça n'empêche qu'à la longue, ça fatigue un peu ce mélange de Ciel les oiseaux et ta mère et film d'horreur glauque. Original me direz vous ? Oui je vous l'accorde, mais sur 1h37, on peut se poser la question. Et Vincent Cassel dans tout ça ? Extraordinaire dans ce rôle de bouseux fou furieux de plus en plus mystérieux et inquiétant au fil des minutes. Quel est sa motivation, son but, tel est vraiment l'histoire de ce film et je n'en dirais pas plus. Quelques mots enfin sur Roxane Mesquida, charmante et inquiétante, elle se révèle totalement dans ce faux-survival qui tentera de vous faire rire ou peur, c'est selon.
Décalé, dérangeant, parfois absude, Sheitan ne manque donc pas d'idées mais manque sincèrement de maîtrise sur de nombreux points.


Peyonote : 5/10




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Publié dans L'après séance...

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Cluny 26/02/2006 23:43

Une nouvelle fois, avis assez proche. Ma note : 5/10 "Premier film trash soutenu par Vincent Cassel, «Sheitan» souffre de trop de facilités et de clichés racoleurs. Et en plus, même pas peur !"Mal foutu, complaisant, souvent prévisible, «Sheïtan» ne trouve furtivement une identité que quand il bascule beaucoup trop tardivement dans l’épouvante, avec un dérapage vaguement lynchien. Tout cela est bien insuffisant pour déceler un futur Peter Jackson.Ma critique : http://critiques.over-blog.com/article-1955903.html

Peyo 20/02/2006 17:02

Chez Tanne : why not ;-)

Chez Tanne 18/02/2006 02:27

Moi c'est surtout Julie-Marie Parmentier que j'ai trouvé fantastique !
Interview pratique pour mieux la connaître : http://www.ecranlarge.com/interview-248.php

Peyo 14/02/2006 14:05

Golden boy : je te soupçonne d'être un poil trop subjectif et parti-pris ;-)

Golden Boy 14/02/2006 12:07

Je l'ai trouvé remarquablement filmé, justement, avec ce qu'il faut d'audace dans les prises de vue, tantôt léchées, tantôt du type caméra sur l'épaule, tantôt comme les jeux vidéos fonçant vers un point qui fuit dans l'infini. La direction d'acteurs, essentiellement les jeunes, est d'une rare justesse. Ils sont tous très émouvants dans l'intensité de leurs rôles. Bien sûr, les clins d'yeux à Hitchcock, Kubrick, et Peckinpah, sans oublier Délivrance , sont autant de plaisirs que l'amateur savoure entre deux coups de poing ! J'ai aussi particulièrement souri aux prises de vue, à deux reprises, où l'héroïne, au premier plan, agenouillée, a les genoux justes suffisamment écartés pour que l'on entrevoie au fond quelque chose d'un peu sombre, mais rien de défini.... Comme au niveau érotique, Chapiron a su arrêter de dénuder les personnages au moment où la pudibonderie, pourtant sévèrement malmenée sur le plan verbal, risquait de s'offusquer. C'est une illustration rare et magnifiquement menée d'un monde où les coups et les mots tiennent lieu le plus souvent de rapports que les jeunes n'osent pas exprimer plus simplement. Le maniement de la bande sonore est également excellent. C'est avec une grande joie que j'ai assisté hier soir au début d'un réalisateur sur l'avenir duquel je place toute la mise.