Brick

Publié le par Peyo


Réalisé par Rian Johnson
Avec Joseph Gordon-Levitt, Lukas Haas, Emilie De Ravin, Nora Zehetner...
Sortie en salles le 16 Août 2006
> Bande-annonce <


Un jeune homme est accroupi, pensif, il regarde une femme blonde inanimée et laissée à l'abandon le long d'un ruisseau. Premières images de Brick, énigmatique. La séquence suivante nous renvoit deux jours plus tôt. Le jeune homme n'est autre que Brendan Frye, un lycéen associal et mystérieux. Un coup de fil, Emily affolée à l'autre bout du combiné, Brendan doit la retrouver... Première enquête, remonter les indices accumulés ça et là. Rendez-vous est pris, Emily réapparait, paumée mais apparemment décidée. Elle veut qu'il l'oublie mais elle est la seule chose qu'il n'est jamais aimé dans la vie. Ambiance atypique. Brendan ne sait pas encore qu'il va la retrouver quelques heures plus tard morte et abandonnée. Il ne s'agit plus maintenant de la retrouver mais de comprendre ce qu'il s'est passé, quitte à y laisser quelques dents. Veste usée, pantalon sur-utilisé, mains dans les poches, Brendan s'engouffre dans un univers bien étrange... Et c'est peut dire si sur ce plan, le travail du réalisateur est énorme ! La photo tout en clair-obscur, la mise en scène à la fois élégante et dru, la musique douce et oppressante font de ce Brick une oeuvre éclatante. Premier long-métrage pour Rian Johnson, monteur de formation, et premier coup de maître. Devant sa caméra, Joseph Gordon-Levitt qu'on avait déjà pu voir dans Mysterious skin et bien plus jeune encore dans Beethoven, s'affirme bel et bien comme l'un des acteurs les plus brillants de sa génération. Alors, le coeur gros, fragile mais casse-cou et obstiné, Brendan Frye tisse sa toile sans crier gare. La tension qui se veut de plus en plus étouffante, il l'incarne, décomposé, crachant, éructant tout les mauvais coups qu'il a pris précédemment : brillant parallèle.
Le spectateur est littéralement plongé dans le noir, seul l'écran l'éclaire, il ne pense plus à autre chose, il vit, il court, il s'inquiète, il cherche... Le film se termine, la salle s'allume, le spectateur repense au film... Petite ville sur la côte californienne, un lycée, des élèves et un monde parallèle, brutal, sous-terrain, de niveau aisé. Des junkies, un dealer qu'on dit légendaire (Pin), de la coke et pourtant derrière la façade : des gosses. Tout simplement surréaliste... Mais un choix délibéré de la part du réalisateur de montrer un univers theatralisé et amplifié. Brick, p
rix spécial du jury au festival de Sundance 2006 mérite vraiment le détour. Quand d'autres cherchent le vice à Miami, 19 salles en France (soit 500 de moins que le dernier film de Mann) vous offrent l'opportunité de découvrir cet intriguant polar nommé Brick. Tentez le coup, on en reparle après ?


Peyonote : 8,5/10





Publié dans L'après séance...

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Peyo 06/09/2006 02:46

Bien d'accord avec toi chez Logan, et j'ajouterais une donné importante : le surréalisme voulu par l'auteur, si on accepte ça, on aiment, sinon on reste à quai !

Logan 05/09/2006 20:56

 
Brillante idée que de traiter de films d'ados comme un vrai film noir pur et dur, dans le fond comme dans la forme.
Un appel au secours, bientôt le cadavre d'une jeune fille, un caîd qui reigne sur son monde illégal parallèle sans partage avec l'aide de ses sbires, un privé entêté, mutique, qui va s'acharner à gratter là où il ne faut pas pour résoudre une enquête qui le touche personnellement, une femme fatale vénéneuse, un indic autartique, un chef de la police qui menace de sévir à la moindre incartade...
Tout y est, retranscrit élément par élément dans le contexte d'un lycée de banlieue californienne, et ce simple décalage donne à Brick une originalité que je ne pensait plus pouvoir trouver dans un film de ce genre!
Et la grande force du film, outre cette transposition osée mais extrêmement juste, est que lycéen ou pas, c'est avant tout un sacré bon film noir, avec une ambiance poisseuse et envoutante et une intrigue alambiquée qui réserve bien des surprises et des retournement de situation!
 
Une très très bonne surprise!

 

Shinobipark 22/08/2006 07:18

Je l'ai vu le WE dernier mais j'ai été beaucoup moins emballée que toi. Serait-ce dû au désanchantement qui plane sur tout le film ? Je ne sais pas. J'admets pourtant volontiers que le jeu des acteurs est à la hauteur (sauf peut-être Lukas Haas que j'ai trouvé en dessous de son niveau habituel) mais je ne sais pas... Disons que le film m'a un peu déprimé et que je n'en avais pas besoin... (je ferai un article plus tard aussi). Biz.