
Réalisé par Michel Spinosa
Avec Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny, Gaëlle Bona...
Sortie en salles le 11 Avril 2007
> Bande-annonce <
Anna M. parle d'érotomanie, certes, mais aucun critique ne semble vouloir parler de la cause des troubles de l'heroïne. Comme si cette maladie mentale
s'attrapait au coin de la rue, comme si l'érotomanie n'était - dans le cas du film - que la conséquence malheureuse d'une rencontre entre une patiente et son medecin. Pourtant avant
l'illumination, il y'a une femme qui semble travailler dans un cadre plutôt austère. Pourtant avant de rencontrer le medecin qui va par la suite l'obnubiler au point de devenir folle, il ya
une tentative de suicide. Presque pathétique, comme un appel au secours qui se termine par un long séjour à l'hôpital. Elle en porte les stigmates, une longue cicatrice partant du haut de la
jambe jusqu'à son genou, Michel Spinosa ne s'y attarde pas mais joue sur la symbolique. Le medecin interprété par Gilbert Melki rééduque, la patiente elle, s'illumine. Ce qui parait purement
professionnel pour l'un, est un acte de rapprochement presque intime pour l'autre...
Illumination : Anna s'accroche de nouveau à la vie, à cet homme qui semble involontairement la sortir d'une misère
affective que le spectateur ne peut vraiment imaginer. De l'espoir
d'être aimée suit très vite le dépit puis la haine... Quatre temps d'une psychose !
Quatre temps où un medecin et ses proches vont vivre un enfer... Si Michel Spinosa nous livre une mise en scène assez classique, la froideur et l'austérité des décors donnent au film un
cachet plus qu'intéressant. De tout les plans, Isabelle Carré, comme d'habitude exceptionnelle, dérange
et effraie ! On savait depuis un bon petit moment maintenant qu'elle était une des meilleures actrices du cinéma français, Anna M. pourrait très bien la consacrer
définitivement ! Dans ce florilège de bons points, je trouve néanmoins dommage que ce film soit finalement assez proche du A la folie, pas du tout de Laetitia Colombani...
Certes, leur trame sont différentes et le film de Spinosa nous plonge bien plus dans les vertiges d'Anna mais les deux fins sont assez semblables. Je n'en dirais malheureusement pas plus,
notamment sur le cinquième acte de Anna M. (le refuge), passage éminemment clé de ce thriller intimiste... Peur de trop en dire,
peur de déflorer un film qui mérite largement d'être vu !
Peyonote : 7/10
Bonus Isabelle Carré sur Peyomedia :































